Journée d’études « Enquêtes linguistiques, XVIe – début XXe siècle »

Journée d'études / 11 juin 2022 All day -

Université Paris Cité - Halle aux farines, 578F

affiche de la journéeDans le cadre de l’ANR « Des Indes linguistiques », cette journée d’étude internationale mettra au centre des réflexions de ses participants les « enquêtes linguistiques ». Elles seront abordées à travers différentes études de cas, sur un arc chronologique volontairement large, du XVIe au début du XXe siècle, afin d’en observer les figures récurrentes, les différences et les évolutions. Comment enquête‑t‑on sur les langues et dans quels buts, en fonction des contextes ? La variété desdits contextes, temporels et spatiaux, permettra de passer de la Nouvelle Espagne des années 1570, arpentée au cours de l’enquête de Francisco Hernandez, fasciné par les langues locales, et en particulier le nahuatl, à la dimension linguistique de la mission Dakar-Djibouti du début des années 1930, ou à la cartographie de la pléthore des idiomes ndiens dressée, à partir de la fin du XIXe siècle, par George Abraham Grierson dans le cadre de la Linguistic Survey of India, en passant, entre autres, par l’enquête sur les langues du onde lancée par Catherine II de Russie au XVIIIe siècle, ou celle sur les langues et dialectes français menée par Coquebert de Montbret (1806-1812). Cette dernière entreprise, mais aussi celle de l’abbé Grégoire autour des patois de l’an II, permet de confronter l’attitude vis-à-vis des langues du monde et celle face aux langues des « Indes de l’intérieur » (en France – breton, basque… – et ailleurs en Europe).

Quels sont les enjeux, politiques en particulier, de telles entreprises linguistiques, exclusivement dédiées aux langues, ou parties intégrantes, parfois, d’enquêtes administratives ou naturalistes plus vastes ?

Quels en sont les commanditaires (gouvernements, administrations, sociétés savantes etc.) et quels en sont les agents (commissaires dûment mandatés, naturalistes ou missionnaires dont ce n’est qu’une tâche parmi d’autres…) ? Servent‑elles, par exemple, en tant qu’instruments de maîtrise linguistique d’un territoire, aux accents impériaux ou coloniaux, à mieux faire disparaître les langues extra-européennes dans le cadre d’une politique linguistique hégémonique, « glottophagique » ; ou visent-elles, au contraire, à intégrer ces langues, mieux connues grâce à ces instruments de savoir, pour en faire des idiomes de l’Empire au même titre que ceux exportés d’Europe ?

Quelles sont, par ailleurs, les dimensions pratiques de ces enquêtes ? Quelles formes y prend la collecte des langues ? À partir de quels échantillons ou artefacts linguistiques, supports variés pour prélever tel ou tel parler (mots de vocabulaire, Notre Père, parabole de l’Enfant prodigue, chansons, inscriptions etc.) ? Où l’enquête se fait-elle : sur le terrain, auprès des populations autochtones ; à distance, via un réseau de correspondants, répondant à des instructions plus ou moins précisément définies ; ou, par procuration, dans des livres ? Quels questionnaires, imprimés ou manuscrits, guident les enquêtes en amont et quels types de productions sont attendues en aval (cartes, outils linguistiques – dictionnaires etc. –, statistiques…) ?

Autant de questions, parmi bien d’autres encore, qui pourront guider les réflexions au cours de la journée.

Programme de la journée à télécharger

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